Sol des marais : comment l’auto-organisation des sols argileux façonne le paysage
Au cœur du Parc naturel régional du Marais poitevin, deuxième plus grande zone humide de France, une équipe scientifique1 menée par un chercheur du CNRS a mis en évidence la capacité des sols argileux à s’auto-organiser en motifs géométriques. Appelés mottureaux, ces microreliefs2 guident l’infiltration des pluies et favorisent la biodiversité végétale3 dans les sols du marais. Ces résultats sont parus dans la revue Journal of the Royal Society Interface le 25 mars 2026.

© Morgane Parisi et Germain Rousseaux, Studio Brou et CNRS.
Loin d’être disposés au hasard, les mottureaux résultent d’un double processus d’auto-organisation. En période sèche, un assemblage précis de polygones s’organise entre les fissures. Au retour de la saison humide, l’eau douce s’infiltre dans le sol argileux salé qui gonfle et entraîne l’élévation d’une partie des polygones, des mottureaux, en dessinant des motifs géométriques. Les fissures profondes, jouent un rôle décisif : guider l’infiltration de l’eau de pluie.
Références
Soils from marsh: self-organization of biogeomorphological paludal patterns, their potential formation mechanisms and ecological interest. Mélissa Marius, Fabien Hubert, Emmanuel Tertre, Élise Le Gouguec, Stephen Hillier, Anthony Beaudoin, Paméla Lagrange, Pierre de Bouët du Portal et Germain Rousseaux. Journal of the Royal Society Interface, 25 mars 2026.
DOI : https://doi.org/10.1098/rsif.2025.0605