Les paysages, la biosphère, les océans, le climat et même les cycles vitaux de la Terre portent désormais les stigmates de l’activité humaine. Cette conférence explore l’Anthropocène, une ère géologique proposée pour désigner le moment où l’humanité est devenue une force planétaire capable de transformer durablement son environnement.

Présentation

Elle se situe à la croisée de la science, de l’histoire et de la conscience écologique. Nous reviendrons sur les grandes étapes de cette transformation : la révolution de l’agriculture et ses premiers impacts sur les écosystèmes, la révolution industrielle, moment charnière où les machines ont décuplé notre influence sur la nature. Sous nos pieds et dans notre atmosphère, biosphère et géosphère se lisent aujourd’hui les traces de cette histoire. On observe les modifications des paysages ; les changements climatiques, la perte de biodiversité et la pollution, les plastiques et métaux lourds inscrits dans les sédiments. Ces signes constituent la mémoire géologique de notre passage. L’Anthropocène n’est pas qu’un constat scientifique, c’est aussi un miroir éthique. Comment repenser notre place dans le vivant ? Quelle responsabilité portons-nous vis-à-vis des générations futures ? Sous nos pas, l’histoire continue de s’écrire et chacun de nous en est l’un des auteurs.

Biographie 

Géologue français, le Professeur A. El Albani a effectué ses études à l’université de Lille 1 où il a soutenu une thèse de doctorat de géologie et géochimie. Il a effectué un séjour post-doctoral de deux ans avec le soutien de la prestigieuse Fondation Alexander von Humboldt à l’université de Kiel, en Allemagne. À ce jour, il est l’auteur de plus d’une centaine d’articles scientifiques, dont plusieurs dans des magazines de haut standard international : Nature, Science et l’Académie des Sciences Américaine (PNAS) et de trois ouvrages sur les origines de la vie, l’évolution de la biosphère, les environnements anciens de la planète Terre. À la tête d’un consortium international fédératif de 16 institutions nationales et internationales, il a découvert des formes de vie fossiles multicellulaires macroscopiques dans un site fossilifère situé dans la province du Haut Ogooué au Gabon, connu sous le nom de « groupe fossile de Franceville », une première mondiale. En juillet 2010, ces travaux de recherche ont fait la couverture de la revue scientifique Nature. La découverte de ces organismes a permis de repousser le curseur de l’émergence de la vie multicellulaire de 1,5 milliard d’années. Il a eu le privilège de présenter ces travaux lors de l’année de la biodiversité à l’ONU et au Museum d’Histoire Naturelle de New York en 2010.

En juin 2024, son équipe internationale découvre un « Pompéi marin » vieux de 515 Millions d’années au Maroc. Ces travaux ont fait pour la 2e fois la couverture de la revue scientifique Science, fait rare dans la vie d’un chercheur.

Toujours passionné et curieux par essence, A. El Albani n’omet jamais, dans ses découvertes, de mentionner l’importance de la notion d’équipe et le travail hors des sentiers battus. Ainsi, ses recherches au Gabon ont été réalisées en dehors de tout programme de recherche avec très peu de moyens.

A. El Albani n’a jamais cessé de partager son savoir avec le grand public, soit à travers des expositions nationales ou internationales (Vienne en Autriche, Rabat, Marrakech et bientôt le British Museum) ou alors avec les scolaires à travers la médiation scientifique à travers le projet « Sous les Pieds de Darwin » et en faisant des interventions dans les lycées et les collèges. Expert scientifique auprès d’institutions de recherche internationales. Ses travaux lui ont permis d’être consacré en 2016 Chevalier des Palmes Académiques et en 2024 Chevalier de la Légion d’honneur pour l’ensemble de ses activités de recherche et de médiation scientifique.

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