Depuis plusieurs décennies, le caractère neutre et universel des savoirs scientifiques est remis en cause par des populations classiquement exclues des « hauts lieux » de science. S’il est nécessaire de faire évoluer la représentation classique « du » scientifique (un homme, blanc, relativement âgé et travaillant dans le domaine des sciences expérimentales), que sait-on de la production même des faits scientifiques ?

Présentation

Nous nous intéresserons d’abord à l’histoire des études de genre qui se sont intéressées aux laboratoires scientifiques, à la médecine ou encore à la conception des technologies. Nous verrons comment l’étude sociale des sciences permet de mieux comprendre certains mécanismes d’exclusion. Si ce champ d’étude est particulièrement dynamique, il est aujourd’hui menacé. Début 2025, aux États-Unis, l’administration Trump a publié une longue liste de mots clés ne devant plus figurer dans les recherches bénéficiant de soutiens publics. Les études de genre sont particulièrement visées par cette décision. À travers les témoignages recueillis auprès de plusieurs chercheur-ses aux États-Unis, nous nous pencherons sur les attaques de l’administration Trump et ses effets sur la recherche scientifique.

Biographie

Marion Coville est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université de Poitiers (IAE – CEREGE, axe COMIN). Ses recherches portent sur laconstructionmutuelle du genre, des savoirs scientifiques et des technologies. Cofondateur du festival Les Menstrueuses, iel est actuellement responsable du projet de recherche ANR « Flux de sang, flux de données », qui étudie les applications de suivi des cycles menstruels : leurs usages, les entreprises qui les conçoivent, mais également les scientifiques qui produisent des savoirs à partir des données de millions de personnes menstruées.

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