Réparation du cerveau : une nouvelle avancée porteuse d’espoir

En 2007, une découverte inattendue de Mme Afsaneh Gaillard, Professeure en neurosciences à l’Université de Poitiers, et son équipe avait permis de démontrer la possibilité de réparer des régions du cerveau. La publication de travaux sur le délai de transplantation le plus favorable ouvre aujourd’hui de nouvelles perspectives.

Légende : Les neurones greffés dans le cortex envoient des projections vers le reste du cerveau endommagés à la suite de la lésion

Légende : Les neurones greffés dans le cortex envoient des projections vers le reste du cerveau endommagés à la suite de la lésion

Les travaux d’Afsaneh Gaillard portent sur les lésions du cerveau suite à un choc, par exemple un accident de la route. Son étude s’intéresse à une région  du cortex, qui commande la motricité des membres antérieurs.

Elle explique de façon très schématique que « pour bouger la main, il faut que les cellules présentes dans cette région du cerveau envoient des informations au niveau de la moelle épinière ; ces informations arrivent ensuite aux muscles. »

Quand il y a une lésion traumatique, toutes ces informations ne passent plus, d’où des problèmes de mouvement.

Le recâblage est possible
En 2007 « nous avons montré pour la première fois qu’en greffant des cellules immatures il  est possible de recâbler les régions endommagées. C’était tellement inattendu ! ».
Les cellules immatures alors greffées, de même nature c’est-à-dire issues du cortex, étaient prélevées sur des foetus, ce qui pose des questions éthiques pour une application chez l’Homme.
Afsaneh Gaillard s’intéresse alors à des cellules souches embryonnaires, « capables de donner naissance à tous les types cellulaires de l'organisme (musculaires, nerveuses...)». En 2008, « avec des collègues de Bruxelles », elle démontre qu’il est possible de transformer ces cellules souches en neurones de cortex. 

Le délai de transplantation le plus favorable
L’article qui vient de paraitre aborde le délai de transplantation après l’accident qui présente les meilleures chances de succès. « Dans cette étude nous avons fait les mêmes expériences sur des souris en introduisant différents délais. On a démontré qu’on a de meilleurs résultats quand on attend une semaine (Une semaine chez la souris est approximativement équivaut à quelques mois chez l’homme).  La vascularisation du greffon est alors plus importante que lorsque la transplantation a lieu sans délai, et surtout le greffon lui-même contribue à cette vascularisation. La survie des neurones est donc améliorée.»
Ces travaux sont d’autant porteurs d’espoir que le recâblage des zones lésées s’accompagne d’un  résultat fonctionnel. A l’aide de tests de comportement l’équipe a pu vérifier que la capacité de l’animal a récupéré ses déficits est beaucoup plus importante en respectant ce délai d’une semaine.

Vers l’utilisation des cellules programmées
Cette découverte ouvre de nouveaux champs de recherche sur la source des cellules de transplantation. L’existence d’un délai avant la greffe donnerait le temps de préparer les neurones nécessaires à la transplantation que ce soit à partir de cellules souches ou de cellules somatiques du patient reprogrammées. Une solution qui exclurait de fait les risques de rejet. Cette technique des cellules programmées «  a bouleversé le domaine de la thérapie cellulaire ».

Afsaneh Gaillard est Professeure en neurosciences à l’Université de Poitiers, responsable d’une équipe INSERM « Thérapies cellulaires dans les maladies du cerveau ».
Site web du Laboratoire de neurosciences expérimentales et cliniques.

Travaux financés par l’Institut de recherche sur la moelle épinière et encéphale, le CPER vieillissement et le FEDER.

Publié par Dominique Autain

Dernière mise à jour le 22 juin 2017


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